L’ICESCO organise une conférence internationale sur la famille et les politiques publiques dans le monde islamique
10 juin 2026
L’Organisation du Monde Islamique pour l’Éducation, les Sciences et la Culture (ICESCO) a tenu, le mardi 9 juin 2026 à son siège de Rabat, une conférence internationale sur la famille et les politiques publiques, sous le thème « Soutenir les transformations sociales dans le monde islamique », en partenariat avec le Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP) au Maroc.
Des experts internationaux, des chercheurs et des spécialistes de renom y ont participé, afin d’examiner les transformations contemporaines qui affectent la famille et d’explorer les moyens de développer des politiques publiques familiales plus efficaces et mieux adaptées aux réalités du terrain, dans le cadre d’une approche tenant compte des spécificités culturelles et sociales des pays du monde islamique.

Dans son discours d’ouverture de la conférence, Dr Salim M. AlMalik, Directeur général de l’ICESCO, a souligné qu’investir dans les familles n’est pas seulement un engagement social, mais aussi une condition essentielle pour parvenir à un développement durable, renforcer la cohésion sociale et consolider la résilience économique. Et d’ajouter que l’ICESCO accorde une importance particulière aux questions relatives à la famille dans le cadre de sa mission visant à promouvoir le développement dans les États membres.

Ensuite, Mme Marielle Sander, représentante du FNUAP au Maroc, dans un message enregistré, a indiqué que la famille reste au cœur de toute société en tant qu’espace de protection, de solidarité et de développement humain, soulignant que les progrès vers la réalisation des objectifs de développement durable exigent que les politiques axées sur la famille soient étroitement liées à l’inclusion, à l’égalité et à l’accès aux opportunités pour les jeunes.

Pour sa part, M. Ahmadou Moustapha Ndiaye, Directeur régional de la Banque mondiale pour le Maghreb et Malte, a expliqué que la famille constitue le fondement de la constitution du capital humain des nations, en mettant en avant certaines statistiques relatives au thème de la conférence dans la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord : 70 % des enfants âgés de 10 ans ne savent pas lire, ce qui représente le taux de pauvreté éducative le plus élevé au monde. Il a également indiqué que plus de 30 % des jeunes ne sont ni employés, ni scolarisés, ni en formation, tandis que 40 % des femmes se trouvent en situation d’exclusion, une situation qui a des répercussions négatives sur la situation familiale.

Par ailleurs, Dr Abdul Falilat Ajoke, directrice du Département des Affaires sociales et familiales de l’Organisation de la Coopération islamique (OCI), a souligné la nécessité d’échanger les expériences et de renforcer la coordination entre les États membres pour relever les défis communs auxquels sont confrontées les familles dans le monde islamique.

Pour sa part, Mme Kawtar Manssouri, directrice de l’Enfance et des Affaires féminines au ministère marocain de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication, a estimé que les défis auxquels est confrontée la famille dans le monde islamique exigent davantage de coordination et d’échange d’expériences réussies entre les pays, afin de contribuer à l’élaboration de politiques familiales plus durables.

Par la suite, M. Salim Omar Salim, directeur du bureau régional de l’ICESCO à Sharjah, a souligné que le monde islamique connaît de profondes mutations démographiques, économiques, sociales et numériques qui soulèvent des questions fondamentales sur l’intimité et la sécurité familiale, avant d’annoncer le lancement du Forum régional de la famille à Sharjah à la fin de cette année.

Au terme de la conférence, Dr Yousra bint Hussein Al-Jazairy, présidente de la commission culturelle du groupe des épouses des ambassadeurs arabes et des chefs d’organisations internationales accréditées au Maroc, a indiqué que la famille est le berceau et le producteur du capital humain capable de contribuer à la construction de la société, soulignant la nécessité de l’impliquer dans l’élaboration des politiques publiques, étant donné qu’elle est la première concernée par les retombées et les résultats de ces politiques.

La conférence a donné lieu à deux tables rondes sur les thèmes « Les familles dans le monde islamique du point de vue des décideurs et des chercheurs » et « Les familles à l’ère de la transformation numérique : intelligence artificielle, mondialisation économique et changements démographiques », auxquelles ont participé un groupe d’experts et de chercheurs, dans le but de contribuer à la formulation de recommandations pratiques visant à soutenir le développement des politiques publiques dans le domaine de la famille dans les pays du monde islamique.



