13 recommandations au terme du colloque « Édition et sécurité » à l’ICESCO pour s’adapter aux transformations numériques et renforcer la conscience sociétale
29 avril 2026
Les travaux du colloque international intitulé « Édition et sécurité : rôle de l’édition dans le renforcement de la conscience sociétale et de la sécurité intellectuelle », organisé par l’Organisation du Monde Islamique pour l’Éducation, les Sciences et la Culture (ICESCO) en collaboration avec l’Université arabe Naif des sciences de la sécurité, les 27 et 28 avril 2026 au siège de l’ICESCO à Rabat, ont abouti à la publication de 13 recommandations finales visant à renforcer le rôle de l’édition dans la protection du domaine du savoir, à bâtir des sociétés plus conscientes et plus stables, et à s’adapter aux transformations rapides de l’environnement numérique.


Vingt-quatre chercheurs issus de 14 pays ont participé à la formulation de ces recommandations. Ils ont appelé à la création d’une Union des éditeurs du monde islamique sous l’égide de l’ICESCO, chargée de coordonner les efforts, de développer le secteur de l’édition, de renforcer l’intégration entre les marchés du savoir, de soutenir la transition numérique, et de protéger la propriété intellectuelle, afin de contribuer à la production de contenus fiables qui renforcent la conscience communautaire et la sécurité intellectuelle.

Les recommandations ont également mis l’accent sur l’importance de lancer un indice annuel visant à mesurer la sécurité intellectuelle des contenus publiés au niveau des États membres, fondé sur l’analyse des contenus numériques. Elles préconisent également l’intégration de programmes de pensée critique et d’éducation aux médias dans les programmes universitaires, et la création d’une plateforme régionale unifiée de vérification des informations, reliée aux maisons d’édition et aux universités, et fonctionnant grâce aux technologies de l’intelligence artificielle.

Elles ont en outre appelé à obliger les maisons d’édition et les plateformes numériques à adopter un système de certification qui distingue le contenu créé par l’homme de celui généré par l’intelligence artificielle, tout en mettant en œuvre le protocole « Publication sécurisée » comme cadre procédural comprenant une vérification en plusieurs étapes.

Elles ont également proposé d’inclure un indicateur de conformité à la sécurité numérique dans l’évaluation des performances des établissements universitaires et des maisons d’édition, ainsi que de développer un modèle de réponse proactive aux crises informatiques avec un délai de réponse ne dépassant pas 24 heures.

Sur le plan législatif, les participants ont recommandé l’adoption de lois consacrées aux contenus numériques avancés, notamment le deepfake et l’intelligence artificielle générative, ainsi que la mise en place d’un réseau juridique régional de coopération en matière de criminalité numérique, qui garantirait l’échange rapide de données judiciaires entre les États membres. Ils ont également souligné l’importance de transformer les bibliothèques en centres de sécurité cognitive communautaire qui proposent des programmes réguliers de sensibilisation et de formation.

