L’ICESCO organise la troisième conférence scientifique de la série « La calligraphie et les manuscrits dans le monde islamique »
30 juin 2026
L’Organisation du Monde Islamique pour l’Éducation, les Sciences et la Culture (ICESCO) a organisé, le lundi 29 juin 2026, la troisième conférence scientifique de la série « La calligraphie et les manuscrits dans le monde islamique », sous le thème : « L’étude codicologique au service de la philologie », animée par Dr Mustapha Toubi, Professeur de codicologie à l’Université Mohammed V de Rabat, avec la participation de plusieurs spécialistes, experts et enseignants-chercheurs, en présentiel et par visioconférence.

La conférence s’est ouverte par une allocution du Dr Abdelilah Benarafa, Directeur général adjoint de l’ICESCO, qui a souligné l’importance de la codicologie dans la préservation du patrimoine arabo-islamique et la promotion de la recherche académique sur la place des manuscrits dans la civilisation islamique. Il a indiqué que cette série scientifique contribue à enrichir le débat spécialisé et à mettre en relation les études patrimoniales avec les approches modernes de l’édition critique et de la recherche.

Par la suite, Dr Mustapha Al-Toubi a présenté un exposé scientifique portant sur les concepts de « codicologie » et de « philologie », expliquant la nature de la relation entre l’étude des composantes matérielles du manuscrit et l’analyse de son contenu textuel, ainsi que leur contribution à l’édition critique et à l’établissement d’une lecture rigoureuse des textes patrimoniaux.
Au cours de cette conférence modérée par Dr Idham Hanash, Directeur du Centre de la Calligraphie et des Manuscrits à l’ICESCO, Dr Al-Toubi a présenté la méthodologie d’exploitation des différentes copies de manuscrits selon des critères scientifiques rigoureux, notamment la comparaison entre les copies complètes et incomplètes, lisibles et difficilement lisibles, anciennes et récentes. Il a également passé en revue les principes de la critique textuelle et les possibilités qu’ils offrent à l’éditeur scientifique pour procéder de manière méthodique et rigoureuse aux ajouts, suppressions, modifications et substitutions.

Il a également mis en lumière la « méthode lachmannienne » élaborée par le philologue allemand Karl Lachmann, pour la classification des manuscrits, et la distinction qu’elle établit entre les manuscrits idéaux, de bonne qualité et médiocres, avant de présenter les évolutions de la philologie moderne, notamment les travaux du philologue français, Alphonse Dain, ainsi que les débat qu’ils ont suscités autour de la valeur des erreurs textuelles et leur rôle dans la reconstitution de l’histoire de la transmission du texte.

Dr Toubi a souligné que les caractéristiques matérielles du manuscrit constituent un élément essentiel pour soutenir les conclusions philologiques, tout en mettant en garde contre un recours exclusif aux seules données matérielles ou aux seules contraintes textuelles. La conférence s’est achevée par des interventions et des débats scientifiques qui ont mis en évidence l’importance de développer les études sur les manuscrits dans le monde islamique.
