L’ICESCO tient une conférence scientifique sur la terminologie du manuscrit entre l’Orient et l’Occident
23 juin 2026
L’Organisation du Monde Islamique pour l’Éducation, les Sciences et la Culture (ICESCO) a tenu, lundi 22 juin 2026 à son siège à Rabat, une conférence scientifique dans le cadre de la série « Penseurs internationaux invités de l’ICESCO », intitulée « Terminologie du manuscrit entre l’Orient et l’Occident ». La conférence a été présentée par Dr Ahmed Chaouki Binebine, Conservateur de la Bibliothèque Hassania au Maroc, avec la participation de nombreux experts et chercheurs spécialisés dans le domaine des manuscrits du monde arabe.

La rencontre s’est ouverte par une allocution de Dr Salim M. AlMalik, Directeur général de l’ICESCO, prononcée en son nom par Dr Abdelilah Benarafa, Directeur général adjoint, dans laquelle il a souligné que le patrimoine manuscrit constitue un repère majeur de la civilisation arabo-islamique, étant l’un de ses éléments les plus durables, les plus riches sur le plan thématique et les plus englobants en matière de savoirs hérités des civilisations antérieures.

Il a également indiqué qu’il existe de nombreux points de convergence entre le manuscrit arabe et les manuscrits rédigés dans d’autres langues, précisant que les philologues occidentaux ont joué un rôle précurseur dans l’étude du manuscrit et la définition de sa terminologie, parallèlement à de précieuses contributions arabes qui ont participé à l’élaboration du lexique de la codicologie.

Au cours de cette conférence, modérée par Dr Idham Hanash, Directeur du Centre de la Calligraphie et des Manuscrits à l’ICESCO, Dr Binebine a expliqué que l’élaboration de la « Terminologie du livre manuscrit arabe : dictionnaire codicologique », qu’il a coécrit avec Dr Mustapha Toubi, s’inscrit dans une démarche inductive visant à faire revivre des termes liés au manuscrit tombés en désuétude. Il a souligné que le manuscrit constitue l’une des composantes les plus importantes du patrimoine matériel et une mémoire vivante préservant le lien de la nation avec son passé scientifique et culturel.

Le conférencier a retracé l’évolution de la terminologie du manuscrit en Orient et en Occident, mettant en lumière les contributions des chercheurs au développement des concepts liés au livre manuscrit, tant dans le contexte arabe que non arabe. Il a notamment indiqué que le premier projet de dictionnaire consacré à la terminologie du manuscrit dans le monde occidental remonte à 1953.

Dr Binebine a également abordé les termes arabes relatifs au manuscrit, soulignant que l’intérêt des savants anciens pour la terminologie s’est d’abord manifesté à travers l’étude, l’explication et l’interprétation du vocabulaire du Saint Coran et du Hadith, avant que l’expansion des sciences et l’évolution de la société islamique ne rendent nécessaire l’élaboration de nouveaux dictionnaires et de nouvelles terminologies.

La rencontre s’est achevée par des échanges scientifiques portant sur l’importance de la normalisation de la terminologie relative aux manuscrits, le renforcement des études codicologiques dans le monde islamique, ainsi que la nécessité d’une coopération accrue entre les institutions spécialisées afin de préserver, cataloguer, et restaurer le patrimoine manuscrit, tout en le mettant à la disposition des chercheurs.
