L’ICESCO clôture sa série juridique du Ramadan par un colloque sur la protection des biens culturels à l’ère numérique
14 mars 2026
L’Organisation du Monde Islamique pour l’Éducation, les Sciences et la Culture (ICESCO) a clôturé, vendredi 13 mars 2026, sa série juridique du Ramadan en organisant le troisième et dernier colloque scientifique, intitulé : « La protection des biens culturels à l’ère numérique : défis juridiques et solutions », avec la participation d’experts et d’universitaires spécialisés en droit, patrimoine culturel et archéologie.
Ce colloque, tenu par visioconférence,vise à examiner les défis croissants que la transformation numérique pose à la protection du patrimoine. Si les avancées technologiques offrent de nouvelles possibilités en matière de documentation et de conservation, elles s’accompagnent également de risques croissants liés à la facilitation du trafic illicite, du pillage et de la falsification des biens culturels.
Les travaux du colloque se sont ouverts par une allocution de M.Mohamed Hedi Shili, Directeur du Département des Affaires juridiques et des Normes internationales à l’ICESCO. Les participants ont ensuite examiné le rôle des plateformes numériques, des réseaux sociaux et des places de marché en ligne dans l’émergence de nouvelles formes d’exposition et de vente illégale d’objets patrimoniaux, ce qui pose des défis aux législations nationales ainsi qu’aux mécanismes internationaux chargés de la protection du patrimoine de l’humanité.
Le colloque, modéré par Dr Asmaa Mehdioui, experte au Département des Affaires juridiques et des Normes internationales, a été marqué par plusieurs interventions sur les dimensions comparatives et les expériences nationales. M.Tchan Issifou Ibrahim, expert juridique de la République du Bénin, a présenté une synthèse d’une étude comparative sur les législations africaines de lutte contre le trafic illicite des biens culturels, mettant en lumière les défis juridiques et institutionnels dans le contexte des transformations numériques.
Dr Anas Al Khabour, professeur d’archéologie à l’Université de Lund en Suède, a passé en revue les résultats d’une étude similaire portant sur les pays asiatiques, soulignant les disparités des cadres juridiques, les difficultés de traçabilité et la coordination internationale encore limitée.
Pour sa part, Dr Badr bin Nasser Al Khamisi, Directeur du Département juridique au Ministère omanais du Patrimoine et du Tourisme , a partagé l’expérience de son pays en matière de protection des biens culturels, en détaillant les principales méthodes de trafic et de circulation illicite, y compris l’usage des technologies et des plateformes numériques pour la commercialisation d’objets patrimoniaux hors des circuits légaux.
De son côté, M. Fethi Jerray, professeur d’archéologie et de patrimoine culturel à l’Université de Tunis, a mis l’accent sur le potentiel de la numérisation et de l’intelligence artificielle dans la documentation, l’archivage et l’inscription des biens culturels.
À l’issue du colloque, les participants ont souligné la nécessité de mettre à jour les cadres juridiques et institutionnels afin de suivre le rythme des transformations numériques accélérées, et de renforcer la coopération internationale et régionale ainsi que l’échange d’expertises pour lutter contre le trafic illicite des biens culturels et protéger le patrimoine.
