L’ICESCO examine l’élaboration d’une vision commune de la prospective culturelle et de l’intelligence créative
30 octobre 2026
L’Organisation du Monde Islamique pour l’Éducation, les Sciences et la Culture (ICESCO) a tenu, mercredi 28 octobre 2026, une réunion consacrée à l’élaboration d’une vision commune de la prospective culturelle et de l’intelligence créative. Cette réunion s’est déroulée dans le cadre d’un séminaire virtuel réunissant des représentants de vingt organisations et institutions culturelles internationales, universités et centres de recherche.
Cette démarche est une initiative du Secteur de la Culture de l’Organisation, présidé par Dr Mohamed Zinelabidine, Chef du Secteur. Elle s’inscrit dans un contexte où la géopolitique, l’économie et la technologie dominent les études prospectives, tandis que l’avenir de la culture ne suscite qu’un intérêt limité. Le projet est mis en œuvre en partenariat avec plusieurs institutions et organisations internationales, parmi lesquelles le Pôle européen de l’accessibilité culturelle (Cemaforre), l’Organisation des États-Unis du Monde à Naples, l’Académie européenne des Sciences et des Arts en Autriche, l’Université SWISS UMEF, l’Institut international des musiques du monde (IIMM) à Marseille et la Fondation ALIPH (Alliance internationale pour la protection du patrimoine dans les zones en conflit). Plusieurs autres institutions culturelles et académiques, instituts, centres de recherche et universités de renommée internationale y sont également associés.
Les dirigeants et représentants de ces institutions et organisations culturelles internationales, issus de différents continents, ont souligné l’importance d’élaborer une vision pour une réflexion commune sur l’avenir de la culture et de l’intelligence créative. Les participants ont également défini collectivement les priorités, les objectifs stratégiques, les axes de travail et les programmes à mettre en œuvre en 2027.
Dr Mohamed Zinelabidine, Chef du Secteur de la Culture de l’ICESCO, a présenté le contexte dans lequel s’inscrit cette initiative ainsi que les défis auxquels le secteur culturel est actuellement confronté. Il a souligné la nécessité de développer de nouvelles approches capables d’accompagner les mutations contemporaines et d’ancrer la place de la culture dans les stratégies de développement.
Pour sa part, M. André Fertier, président-fondateur de Cemaforre, a mis en avant l’importance de l’inclusion culturelle et du renforcement des droits culturels, conditions essentielles pour élargir la participation à la vie culturelle. Dr Michele Capasso, Secrétaire général des États-Unis du Monde, a appelé à mobiliser les États membres et à fédérer leurs efforts autour de cette dynamique internationale.
Mme Margaret Dechenaux, fondatrice et directrice de l’Institut international des musiques du monde, a quant à elle souligné l’importance de préserver la singularité humaine dans un monde qui tend de plus en plus vers la standardisation et l’uniformisation. Elle a également mis en lumière le rôle de son institution dans la réflexion sur les transformations numériques et dans le renforcement de la coopération culturelle.
De son côté, M. Abdoul-Aziz Yaouba, Secrétaire général de la Commission nationale camerounaise pour l’UNESCO et l’ICESCO, a estimé que cette initiative constitue une occasion de renforcer la valeur ajoutée du secteur culturel. Dr Amna Jemmali, représentant Mme Naïma Ben Mellouka, présidente de l’institut IHM Africa et membre de l’Académie européenne des sciences et des arts, a pour sa part souligné l’importance du développement des compétences au service des systèmes de santé et d’éducation.
Dr Sanae Ghouati, de l’Université Ibn Tofaïl au Royaume du Maroc, a mis en avant la nécessité de développer des études méthodiques et structurées dans le domaine culturel, tout en affirmant que la culture est désormais appelée à s’engager pleinement dans les démarches de prospective et de créativité.
M. Frank Piquet, de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, a appelé à permettre à la créativité de jouer un véritable rôle dans la prise de décision et la définition des orientations culturelles. Mme Agnès Drou, directrice d’ADCompagnie et représentante de la société civile, a salué cette initiative, qu’elle juge opportune et propre à renforcer la place de l’ICESCO dans la réflexion stratégique et l’élaboration des politiques culturelles.
En conclusion des débats, Dr Bouazza Benachir, professeur à l’Université Mohammed V du Maroc, a souligné l’importance d’associer les groupes marginalisés et les voix insuffisamment représentées à cette réflexion collective, afin de garantir une prospective de l’avenir culturel de l’humanité dans toutes ses dimensions et toute sa diversité.