À l’occasion du 44e anniversaire de la création de l’ICESCO, lancement de la conférence internationale sur la gestion du patrimoine dans le monde islamique
5 mai 2026
Le lundi 4 mai 2026, l’Organisation du Monde Islamique pour l’Éducation, les Sciences et la Culture (ICESCO) a donné le coup d’envoi de la conférence internationale sur la gestion du patrimoine dans le monde islamique en situation de conflit et d’après-conflit, sous le patronage de Mme Leyla Aliyeva, vice-présidente de la Fondation Heydar Aliyev en Azerbaïdjan. Elle a été également l’occasion de l’annonce officielle des lauréats du Prix d’excellence ICESCO-Azerbaïdjan Natavan pour le patrimoine.


Les travaux de la conférence, tenue au siège de l’ICESCO à Rabat pendant deux jours, ont débuté par la lecture de versets tirés du Coran, suivie du discours de Mme Leyla Aliyeva, vice-présidente de la Fondation Heydar Aliyev, prononcé en son nom par M. Anar Alakbarov, assistant du président de la Répudblique d’Azerbaïdjan et directeur exécutif de la Fondation, dans lequel elle a souligné que les projets de restauration menés par la Fondation reflètent l’engagement profond de l’Azerbaïdjan en faveur du dialogue interculturel et de la protection des valeurs internationales.


Elle a ajouté que le partenariat entre la Fondation et l’ICESCO s’inscrit au cœur de la vision de préservation du patrimoine culturel.


De son côté, Son Altesse Royale la princesse Dana Firas, présidente de l’Association nationale pour la préservation de Pétra et vice-présidente d’ICOMOS, a souligné que la préservation du patrimoine est, à la base, un engagement éthique envers l’homme et son histoire, car il s’agit d’un facteur déterminant dans la capacité des sociétés à résister, à s’adapter et à façonner leurs récits.
Au début de son allocution, Dr Salim M. AlMalik, Directeur général de l’ICESCO, a rendu hommage aux 44 ans d’existence de l’Organisation, rappelant sa trajectoire marquée par des efforts sincères tournés vers l’avenir et un héritage qui perdurera à travers les âges. Et de souligner que le patrimoine n’est pas un récit du passé, mais bien le livre du présent et de l’avenir.

En effet, Dr AlMalik a indiqué que les conflits ont des répercussions sur le patrimoine, considéré comme une mémoire vivante qui conserve l’histoire d’une nation. Il s’agit là d’un défi auquel sont confrontés plus de 19 pays en proie à des conflits dans le monde islamique, d’où les efforts de l’ICESCO d’inscrire plus de 27 sites du patrimoine mondial sur la Liste du patrimoine mondial en péril, a-t-il expliqué.

Il a aussi évoqué les efforts de l’ICESCO pour restaurer le patrimoine en vue d’ouvrir de nouvelles perspectives de développement, de reconstruire le tissu social et de favoriser la stabilité, grâce au déploiement de missions sur le terrain et à l’élaboration d’un plan intégré visant à préserver et à réhabiliter plus de 120 sites patrimoniaux dans la ville de Shusha et la région du Karabakh en Azerbaïdjan.
Il a également parlé de l’élaboration de programmes de relèvement en République Arabe Syrienne et dans plusieurs États membres.
Pour conclure, il a exprimé sa gratitude à Son Excellence le Président Ilham Aliyev d’Azerbaïdjan et à la Fondation Heydar Aliyev, chargée de promouvoir la culture.
De son côté, M. Hani Al-Hayek, ministre du Tourisme et des Antiquités de l’État de Palestine, a présenté l’expérience de son pays en matière de préservation du patrimoine, soulignant que la question du patrimoine culturel n’est pas un luxe, mais qu’elle touche à l’identité, à la mémoire et à l’existence. Il a également déclaré que le patrimoine n’est pas seulement fait de pierres ou de monuments, mais qu’il constitue un témoignage vivant de l’histoire et un outil essentiel de résilience.


Dans son allocution, M. Charaf Ahmimed, Directeur du Bureau régional de l’UNESCO pour le Maghreb, a souligné que lorsque les sites du patrimoine sont détruits, les collections spoliées et les traditions interrompues, ce ne sont pas seulement les monuments qui sont menacés, mais aussi le tissu social des communautés.
Par la suite, il a été procédé à l’annonce des lauréats du Prix d’excellence ICESCO-Azerbaïdjan Natavan pour le patrimoine, puis les participants ont visité une exposition de photographies intitulée « Repenser : les meilleures pratiques en matière de restauration post-conflit » ; cette visite a été suivie du lancement des tables rondes de la conférence.

